L’honorable Jim Munson : Ma question s’adresse au leader du gouvernement au Sénat. S’il n’est pas en mesure d’y répondre aujourd’hui, peut-être pourra-t-il quand même indiquer les intentions du gouvernement.
Monsieur le Président, chers collègues, nous savons que la plupart des enfants canadiens sont en bonne santé, qu’ils ont accès à des soins de santé et à l’éducation et qu’ils sont élevés dans des familles et des collectivités qui veillent sur eux. Des millions d’enfants vivent toutefois en marge de cette réalité et voient leurs droits fondamentaux bafoués. Je parle en particulier des enfants autochtones, des enfants qui vivent dans la pauvreté et des enfants handicapés, lesquels représentent les personnes les plus vulnérables au sein de la population.
Monsieur le Président, leur combat fait ressortir le fait que le Canada manque à ses obligations aux termes de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Ces droits s’appliquent à tous les enfants. Vous savez peut-être que le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a réclamé à maintes reprises la création d’un commissariat national à l’enfance et à l’adolescence. Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice, et le ministre Marc Garneau ont tous les deux parrainé à l’autre endroit des projets de loi d’initiative parlementaire visant à établir ce commissariat. L’UNICEF, ainsi que d’autres organisations spécialisées dans les droits des enfants, dont un conseil représentant neuf organismes provinciaux et deux organismes territoriaux de défense des droits des enfants et des jeunes, sont aussi d’avis qu’un commissariat national favoriserait considérablement l’égalité parmi les enfants du Canada.
J’ai deux questions à vous poser, monsieur le leader du gouvernement au Sénat. Tout d’abord, quelle est la position du gouvernement par rapport à la création d’un commissariat national à l’enfance et à l’adolescence, qui agirait à titre de représentant indépendant des Canadiens les plus vulnérables et leur donnerait une voix, en plus de veiller à ce que les politiques, les lois et les programmes sociaux répondent à leurs intérêts?
L’honorable Peter Harder (représentant du gouvernement au Sénat) : Je remercie l’honorable sénateur de sa question et de l’intérêt qu’il porte à cette cause. Je serai heureux de lui répondre une fois que j’aurai consulté le gouvernement.
Le sénateur Munson : Je vous remercie.
J’ai une question complémentaire à poser. Je voulais seulement souligner qu’ici, au Sénat — et c’est la façon dont le Sénat peut fonctionner et fonctionne bien —, lorsqu’on siège au Comité des droits de la personne ou à d’autres comités, on travaille avec des sénateurs aux vues similaires sur ces questions très importantes alors que, parfois, les gens de l’autre côté n’ont pas suffisamment de temps pour s’y attarder.
Nous aimons penser que nous sommes l’un des meilleurs pays au monde, mais nous avons des lacunes en ce qui a trait à l’enfance. Nous n’avons pas respecté la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Parfois, les gens n’aiment pas l’entendre, mais c’est la vérité, et les défenseurs des droits des enfants l’ont prouvé.
Tant qu’à étudier cette question, monsieur le leader, est-ce que le gouvernement envisagerait de créer ce poste, notamment dans le but de respecter ses promesses envers les enfants sous réglementation fédérale? Je parle bien sûr des enfants autochtones du Canada.
Le sénateur Harder : Je prends note de la question complémentaire à la question initiale et je l’intégrerai à ma réponse.